Procès verbal, Rencontre Madame Anne BOQUET et Monsieur Théo SULPICE

Le Mercredi 17 Avril 2008 à 15 h 30 madame Anne BOQUET, Haut Commissaire de la République de Polynésie française, reçoit à sa résidence avenue Bruat, monsieur Théo SULPICE président du SPAC accompagné de monsieur EBB Yannick trésorier adjoint et mademoiselle Poerava SEMONT, secrétaire du bureau.

Madame BOQUET très sensible au monde Culturel polynésien souhaite la bienvenue à la délégation du SPAC et à son président et se met à l’écoute des doléances de notre président.

Monsieur SULPICE fait part à madame BOQUET de sa grande inquiétude sur la situation déplorable dans laquelle le monde culturel Polynésien est plongé depuis plus d’une décennie. Une situation, dit-il, qui ne peut perdurer ainsi au risque d’assister à l’élimination de la filière musicale polynésienne au profit de la musique internationale. Ceci, dit-il, est non seulement lié aux effets de la technologie moderne : Internet – copie privée mais surtout à cause de la SPACEM qui a été mise sous la tutelle d’un administrateur judiciaire. Monsieur SULPICE fait comprendre à Mme BOQUET que la mise sous tutelle de la SPACEM était indispensable au regard de la gestion désastreuse de cette société de perception, mais que cette organisation devait reprendre son rôle le plus rapidement possible afin que les artistes créateurs puissent percevoir leur droits légitimes car pour certains il faut savoir que ce sont leur unique revenu. Monsieur SULPICE explique avec force et détails que si la Polynésie perd ses artistes créateurs, c’est son identité qu’elle perd en même temps que sa Culture au sens large du terme. Un pays sans Culture est un pays en proie à la xénophobie et à tous les fléaux qui sont la cause de la destruction de l’humanité.

Le président revient sur la SPACEM et dit qu’en pareil circonstance, lorsque la SPACEM a été mise sous contrôle judiciaire, le Ministère de la Culture aurait du intervenir pour apporter son soutient afin de permettre à cette société de retrouver au plus vite sa fonction initiale. Hélas, le président déplore que le Ministère de la Culture du gouvernement Polynésien, malgré ses demandes répétées, n’a pris aucune initiative de cette importance. Le président précise encore qu’il trouve regrettable qu’aucune autorité ne se soit inquiétée de la situation de la SPACEM.

Le président poursuit son exposé en faisant remarquer que le contrôle judiciaire de la SPACEM aurait pu perdurer en l’état pendant de nombreuses années, sans que les responsables soient jugés pour les délits qu’ils ont commis dans la gestion de cette société. le président SULPICE dit, qu’avec le soutien des artistes conscient de la paralysie judiciaire orchestrée par le responsable de la SPACEM et sous l’impulsion de l’ancien président de la SACEM, monsieur Claude LEMESLE , il a pris l’initiative de constituer le SPAC, le Syndicat Polynésien des Auteurs Compositeurs. Le président explique que c’est dans cet esprit que le SPAC a vu le jour le 4 juillet 2007. Que depuis lors, plusieurs actions ont été menées, dont la première a été d’alerter personnellement le président de la République, monsieur Nicolas SARKOZY, sur la situation de la filière artistique Polynésienne. Ce dernier n’est pas resté insensible, en témoigne le courrier qu’il nous a adressé par l’intermédiaire de son conseiller pour l’Outre-mer monsieur Olivier BIANCARELLI.

Le président continue ses explications en précisant que d’autres actions ont été menées par le syndicat, outre celle de fédérer plus de 120 adhérents à ce jour, celle d’être assistée juridiquement par les avocats du SNAC, le Syndicat National des Auteurs Compositeurs, sur l’évolution des procédures de justice afin que la SPACEM puisse retrouver ses lettres de noblesses.

Le président ajoute que la SACEM dans la défense des intérêt des artistes nationaux et internationaux qu’elle représente, est partie prenante pour soutenir les mêmes objectifs que le syndicat polynésien, monsieur DESURMONT, son délégué général, s’est clairement prononcé à ce sujet à l’occasion du dernier entretien qui a eu lieu à Paris le 2 avril 2008.

L’action du SPAC se poursuit à l’heure actuelle puisqu’il est question de rencontrer le président du gouvernement.

Après toutes ses éclaircissements, le président SULPICE, fait savoir à madame BOQUET, que le syndicat fonctionne avec des moyens financiers extrêmement réduit, que sa marge de manœuvre nécessite quelques moyens financiers substantiels, tels étaient, lui semble-t-il, les termes du courrier que lui avait adressé le Président de la République monsieur Nicolas SARKOZY, par l’intermédiaire du conseiller à l’Outre-mer, monsieur Olivier BIANCARELLI, conséquence de quoi, le président du SPAC sollicite l’aide financière de l’Etat.


Madame BOQUET, dans un premier temps indique qu’il ne lui était pas permis d’apporter une aide financière au SPAC, du fait que le Haut commissaire ne détient plus aucune compétence dans le domaine culturel ni économique du pays, ce domaine étant dévolue, dit-elle, à l’Assemblée Territoriale depuis l’avènement des Statuts d’Autonomie Interne, qu’en l’état actuel le Haut- Commissaire tient uniquement un rôle de médiation et d’information.

En tout état de cause, madame BOQUET a demandé à mieux connaître le rôle du SPAC afin de voir de quelle manière elle pourrait intervenir pour aider les objectifs du SPAC.

Après avoir échangés quelques discussions en complément d’information, le président SULPICE remet à madame BOQUET, une copie de la convocation en Assemblée Générale des sociétaires de la SPACEM, qui doit se tenir le 15 Mai 2008.

Après lecture faite, madame BOQUET souhaite obtenir des précisions concernant les rapports entre la société Océane Production et la SPACEM.

Monsieur Théo SULPICE, explique que la société Océane Production, il y a quatre ans de cela était très endettée. Que son bailleur de fond, monsieur Robert WAN, sous la pression de la banque, devait retirer sa caution bancaire ce qui avait pour effet de rendre immédiatement exigible les engagements financiers de la société Océane production. Que pour sortir de cette impasse financière, son gérant, monsieur Eric LAROCHE, aurait réussi à vendre fort cher les droits de diffusion du catalogue de sa société à l’OPT en leur faisant admettre qu’il pourrait rentabiliser cet investissement par la diffusion du catalogue Océane sur un site Internet marchand que l’OPT devait monter. Ce projet n’a pas pu aboutir pour des raisons politiques, notamment lors du premier Taui, lorsque monsieur Oscar TEMARU est arrivé au pouvoir puisque ce dernier a mis fin à tous les projets engagés par monsieur Gaston FLOSSE.

Pour clore ce débat, monsieur Yannick EBB reprend sur les actions forte que le SPAC a engagées, notamment celle visant à mettre un frein à la copie privée et aux copies illicites qui sévissent sur le Territoire. Il dit qu’une demande écrite a été faite auprès du Directeur du régional des Douanes pour que leurs services puissent procéder à des vérifications dans un magasin situé à l’aéroport et sous zone douanière. Quelques jours après l’envoi du courrier le SPAC a reçu un appel signalant qu’une saisie avait pu être effectuée. Malheureusement il semblerait que l’information était erronée, car arrivée sur les lieux, le Service des Douanes interrogé à ce sujet a démenti l’information. Le service précisait qu’aucune saisie n’avaient pu être faite contrairement à ce qui nous avait été annoncée. Que de toutes les façons, il aurait fallu que le service obtienne une autorisation spéciale de Paris pour procéder à une telle démarche. Monsieur Yannick EBB en compagnie du président SULPICE présent sur les lieux ont fait appel à l’avocat du SPAC, maître Sandra LAUDON. Cette dernière s’est empressée d’appeler le directeur des douanes pour obtenir de l’éclaircissement à ce sujet. A ce jour aucune explication n’étant parvenue, le SPAC s’en remet au Haut Commissaire en espérant que cette affaire soit mise à jour le plus rapidement possible.

Dans le même registre, monsieur Yannick EBB fait savoir que le SPAC a du engager une plainte contre une société de Production de CD, ayant constaté, par huissier que les CD commercialisés par cette dernière étaient piratés. Deux magasins revendeurs, surpris en flagrant délit de vente de CD illicites, ont immédiatement dénoncé le nom de la société de production. Les Huissiers ont pris note de leurs déclarations, à l’heure actuelle, monsieur EBB dit que l’affaire est dans les mains du Procureur de la République au Tribunal de Papeete.

Le président Sulpice reprend la parole, pour dire que la filière musicale mondiale est en proie au désastre de la copie privée, mais que, comme cela se fait en métropole, pour se défendre de la perte d’exploitation, le pays doit appliquer une loi qui consisterait à instituer une taxe sur les supports vierges importés, CD, disques durs et lecteur MP3. Le résultat financier de cette taxe devant être intégralement reversé à la société de perception SPACEM, afin que cette dernière puisse la redistribuer aux ayants droits selon le barème en vigueur. Le président SULPICE informe Mme BOQUET qu’un projet de cette nature a été lancé auprès de l’ancien ministre de la Culture, Monsieur René KOKUMOETINI lors de l’entretien qui a eu lieu le 7 Avril 2008

Après toutes ses explications, madame BOQUET, revient sur l’A.G.E du 15 Mai 2008 et demande « Combien y a t- il de Sociétaires en Polynésie ? »

Monsieur EBB Yannick répond : «Environ 500 sociétaires» et il continue en disant que en 1962 c’était la SACEM avec des délégué de France qui s’occupait des ayants droits en Polynésie jusqu’en 1968 après cette date, la SPACEM a été créé, c’est cette dernière qui est en charge de la gestion des droits d’auteurs jusqu'à présent.

Madame BOQUET s’interroge sur la lenteur de la procédure judiciaire, et dit que trois années c’est très long pour régler cette affaire !

Le président SULPICE, acquiesce et dit que grâce à l’intervention du SPAC notamment en alertant le président de la République, le mandataire judiciaire Monsieur PHILIPPOT a bien voulu accélérer les travaux, autrement il était à craindre que l’affaire SPACEM soit toujours figée dans sa torpeur, orchestrée par son délégué général.

Le président SULPICE, poursuit en évoquant l’affaire TNTV. Il dit que c’est tout à fait inacceptable qu’une télévision, qui fonctionne sous les statuts d’une société d’Economie Mixte, puisse émettre 10 ans durant, dans un pays français sans qu’elle s’acquitte des droits d’auteurs et que personne n’ai rien à dire à ce sujet. Le président ajoute que sa surprise est d’autant plus inquiétante lorsqu’il apprend que la direction de la SEM TNTV profite de négocier directement auprès du mandataire judiciaire pour réduire la dette à une somme de 35 millions au lieu de 270 millions. Le président SULPICE dit qu’il s’est formellement opposé à cette négociation.

Le président, précise, que par l’intermédiaire de son avocat parisien, maître CIANTAR, le SPAC s’est adressé au mandataire judiciaire maître PHILIPPOT pour lui indiquer que la chaîne Tahiti Nui Télévision était redevable à la société d’auteur SPACEM d’une somme de 270 millions et non 35 millions. Que la loi sur la propriété intellectuelle en Polynésie, n’est pas respectée contrairement à la France. En France, chaque année un budget pour les droits d’auteur est voté à l’Assemblée National, ce budget permet aux neufs stations de RFO de pouvoir diffuser dans le monde. Chaque responsable de chaîne de télévision et de radio reverse à la SACEM l’assiette qui est attribuée. Le président SULPICE insiste sur le fait que c’est sur ce même principe que le Territoire de la Polynésie française doit fonctionner en ce qui concerne la SEM TNTV, l’OPT, MANA, TNS y compris les opérateurs du téléphone portable.

Pour clôturer l’entretien, le président SULPICE, dit à Madame la Haut Commissaire, que la Culture est présente dans tous les rouages économique du pays, on le constate, qu’à ce titre il faut protéger les artistes créateurs, que le rôle du Haut Commissaire consiste également au contrôle de la légalité, qu’en l’espèce, le SPAC attend beaucoup du haut commissaire.

La réunion prend fin sur une note plus sympathique, le président SULPICE salue l’évènement qui vient d’être organisé par le GIE Tahiti Tourisme «Voyage des cinq Archipels», elle dit que c’est une bonne initiative peut être pas pour développer le tourisme mais surtout pour sensibiliser le monde polynésien sur la richesse de son identité culturelle.

Et Madame la Haut Commissaire répond : « Bien sur que lorsqu’on parle du tourisme, on doit d’abord commencer par découvrir la richesse culturelle du pays avant d’en faire la promotion »

Monsieur Théo SULPICE Monsieur Yannick EBB
Président du SPAC

Secrétaire trésorier adjoint du SPAC
Fait à Papeete le 20 Avril 2008.