"Ia orana Mr. le Président de la République, bienvenue sous
le rythme traditionnel des îles Marquises. Les danseurs de la Polynésie
française et moi-même, nous vous saluons. KAOHA NUI. Au nom du syndicat
polynésien des auteurs compositeurs dont je suis le président, je
viens vous demander de l'aide pour que la lumière soit faite
sur le contenu des problèmes de la SPACEM, un millier d'auteurs-compositeurs
aujourd'hui n'ont plus de revenus depuis plus de deux ans.
La situation est critique pour la culture et l'art polynésiens.
Il y a urgence, il faut sortir de cette situation. Depuis 10 ans,
j'ai toujours appelé les jeunes à s'imprégner
de leur culture. Aujourd'hui il y a une prise de conscience, les
jeunes sont inquiets. Mais pour moi ce n'est pas suffisant. Il faut
que les hommes politiques ouvrent la voie aux jeunes afin qu'ils
puissent mieux s'exprimer.
Je pense en avoir assez d'entendre les hommes politiques qui continuent
sans cesse de faire des grands projets, qui se chiffrent en milliards,
et dont la population locale ne bénéficie pas. Il
faut une politique culturelle pour notre pays, qui s'oriente vers
la connaissance de l'identité Maohi. Le Président
de la République l'a fait savoir dans son discours pendant
l'élection présidentielle. C'est à nous, les
acteurs du pays de faire en sorte que cette politique soit mise
en oeuvre. Actuellement, rien n'est fait qui va dans le sens du
programme du Président de la République.
La culture Maohi est notre richesse, elle est en train de disparaître,
mais nous devons tout faire pour la faire revivre. Nous devons nous
inspirer du modèle métropolitain, de son expérience
dans la promotion du patrimoine culturel, gastronomique...
On ne voit actuellement que du bêton et des immeubles qui
poussent comme des champignons dans tout Tahiti et Moorea. Où
allons-nous ? Pour moi il est important que chaque personne qui
rentre dans notre pays, qu'il soit chinois, américain, australien,
néo-zélandais, africain ou arabe, applique l'identité
et la culture Maohi. Or il s'avère qu'en arrivant à
Tahiti, l'identité et la culture n'y sont plus. La population
continue à subir de plein fouet des problèmes sociaux,
2 800 bacheliers ne trouvent pas de travail, les jeunes dérivent
vers l'alcool, la drogue et ils ont de plus en plus de difficultés
à être sérieux dans leur vie personnelle et
professionnelle.
Alors, hommes politiques, quand allez-vous réagir à
ce problème ?
Moi, je propose trois lignes de politiques importantes pour la
Polynésie Française.
1. Une réelle grande politique culturelle, de patrimoine
et économique
2. Une politique d'investissements et de tourisme
3. Une politique de santé, sociale, et environnementale"